Articles sur l'éducation et le comportement, conseils

Articles sur l'éducation et le comportement, conseils

Dans les pages qui vont suivre (en allant vers les numéros de pages les plus petits) vous allez trouver toute une série d'articles sur l'éducation et le comportement,
et des conseils

Bonne lecture :)

# Posté le dimanche 18 janvier 2009 08:52

Modifié le lundi 19 janvier 2009 06:34

être le leader

être le leader
N.B. Cet article fut écrit pour l'Eurasier, mais il est valable pour toutes races de chien.


La science du gentle dog


L'anthropomorphisme.... l'humanisation de nos Eurasiers n'est pas rare. La race fut développée pour être un compagnon familial et partager notre vie quotidienne. C'est très facile pour la plupart des propriétaires d'Eurasier d'humaniser leur compagnon et de mal interpréter les actions et comportements de leur chien. Il est aussi très commun de voir des propriétaires oublier les bases de l'éducation et les règles du leadership (l'art d'être le meneur) parce que la race est présentée comme un compagnon facile à vire et à éduquer.
Le chien est un mammifère domestique qui a besoin de compagnie et qui vie naturellement en groupe (appelé aussi meute). La structure de ce groupe est toujours en mouvement et comme le chien vit en société humaine, la hiérarchie ne peut s'établir aisément. Le concept de hiérarchie existe uniquement au sein d'une même espèce et comme humains et chiens font partie intégrante de deux espèces opposées, on ne peut donc pas parler de hiérarchie.
D'après les recherches, nous savons que le chien descend du loup. Pourquoi pouvons-nous voir autant de variétés (phénotypes) chez le chien? Parce qu'ils furent sélectionnés selon différents critères et aussi parce que nous pouvons voir différents phénotypes chez le loup! Les loups européens, asiatiques, américains et autres sont tous différents. Même s'ils sont différents, ils possèdent le même besoin social d'une vie en groupe.
L'Eurasier ne fait pas exception. Comme son ancêtre le loup, l'Eurasier a besoin de vivre en groupe. Mais qu'est-ce exactement qu'un groupe (meute)? L'Eurasier qui partage notre vie aujourd'hui n'est pas un loup. L'Eurasier fut développé pour être notre compagnon bien-aimé qui partage notre vie. Après plusieurs générations, tous les chiens on perdu la plupart des attitudes du loup et ont développé une communication spécifiquement canis familiaris. Cette communication canine est un peu différente de celle du loup.
Les chiens partagent notre maison, sont nos amis et plusieurs des instincts naturels de leur ancêtre sont problématiques dans notre société humaine. On ne veut pas que notre chien creuse dans le jardin. On ne veut pas que notre chien aboi après les gens, renifle leurs parties intimes ou urine sur le tapis d'un ami! Quand notre chien monte un autre chien, la plupart d'entre-nous considérons ce comportement comme sexuel. Nous avons tous tort! Il n'est pas surprenant de voir ces chiens en clinique de comportement! Le gros problème ce n'est pas le chien, mais les humains!
Une meute c'est un groupe d'individus qui partagent la vie quotidienne. Ils peuvent chasser ensemble. Ils peuvent partager un repas. Ils peuvent échanger des marques d'affection. Mais, la chose la plus importante qui caractérise la meute c'est le leadership. Le concept de leadership est très différent de la hiérarchie en soi! Souvenez-vous : on ne peut parler de hiérarchie entre humains et chiens car ce sont deux espèces différentes.
Nous vivons en groupe (meute) et partageons un concept de leadership. Le leader est le membre en qui on peut avoir le plus confiance. Ce n'est pas nécessairement une question de dominance. Le leader est la personne que l'on suit et avec qui on se sent en sécurité. Une meute c'est donc un groupe dont tous les membres respectent et acceptent les règles établies par le leader.

Dans leur désir d'offrir de l'affection et de l'amour à leur compagnon, trop de propriétaires oublient le plus important... d'être le leader. Sans leadership humain, le chien prendra le contrôle. Vous devez être le leader dont votre chien a besoin.

Votre chien a été entraîné à l'obéissance et il exécute tous vos commandements sans problème. Bien... mais ça n'a rien à voir avec l'attitude d'un leader! L'obéissance est un travail. Vous le faites vous de 9h00 à 17h00 et après le travail, vous faites de votre mieux pour l'oublier et vous relaxer! C'est la même chose pour votre chien. En laisse, dans une école d'obéissance, le chien fait son travail. Mais au retour à la maison, si le leadership n'est pas là, le chien 'oublie' son obéissance ce qui peut devenir un vrai challenge pour ses propriétaires! Le leadership n'est pas basé sur des mots. Le leadership est basé sur votre communication non verbale, ce qu'on appelle communément le body language.

Votre corps est une structure complexe. Toutes les cellules ont une action spécifique et sont reliées entre elles. Par exemple, lorsque vous êtes effrayé, vos pupilles se dilatent, votre respiration change... Tout votre corps démontre la peur. La sudation est aussi un indicateur pour votre chien, ......

Dans toutes vos actions, vous devez être à l'écoute de votre propre body language si vous voulez obtenir une réponse spécifique de la part de votre chien! Si vous êtes frustré parce qu'il n'est pas venu à votre appel, parce qu'il refuse son médicament ou pour toute autre raison... votre corps démontre votre sentiment de frustration et peut augmenter la 'mauvaise' réponse de votre chien.

Comment votre chien fait-il pour savoir que vous aller au travail?
Comment sait-il que vous vous préparez pour aller prendre une marche ou jouer dehors?
Toutes les réponses sont dans votre attitude, votre langage non verbal. Le chien est un traducteur universel! Vous pouvez lui parler dans n'importe quelle langue (espagnol, allemand, français, anglais...) mais il comprend toujours le body language!

Le béhavioriste Cesar Millan explique le leadership comme une énergie et j'aime bien cette comparaison. L'énergie est partout... positive et négative. Lorsque votre propre énergie est positive, votre chien y répondra de façon positive parce que votre langage non verbal est en accord avec cette énergie. Mais lorsque votre énergie devient négative (peur, frustration, anxiété, colère, tristesse) votre chien la ressent et l'interprétera comme une énergie stressante. Certains chiens réagiront en démontrant des comportements de peur, d'autres deviendront agressifs. C'est de cette façon que l'énergie va et viens.



Le leadership doit être la partie la plus importante de votre relation. De cette façon, humains et chiens sauront exactement comment réagir lorsque le leadership est bien établi et maintenu.

Comment pouvez-vous établir correctement ce leadership avec votre/vos chien(s)?

À quel endroit votre chien dort-il?
À quel endroit et quand votre chien mange-t-il?
À quel endroit, quand et comment donnez-vous de l'affection à votre chien?
Qui contrôle les jeux?
L'intonation de voix que vous utilisez est aussi très importante!

Si vous désirez arrêter un comportement indésirable et utilisez un simple non-non-non dit sur un ton gentil... votre chien va probablement vous ignorer ou peut même vous lancer un défi! Mais si vous grognez comme un gorille qui ne veut pas être déranger... alors votre chien comprendra que vous n'êtes pas d'accord avec son comportement. Certaines personnes diront que le chien démontrera alors de la peur. Oui et non... est-ce réellement de la peur ou une attitude naturelle de soumission?

Le leadership n'est pas négatif ni difficile; c'est un concept naturel chez le chien. Chaque fois que vous utilisez votre grognement de gorille, vous devez aussi utilisez votre ton de voix joyeux pour récompenser votre chien dès qu'il arrête le comportement indésirable! Tout comme l'entraînement au clicker, le leadership est une question de timing.

Soyez la mère de votre chien, pas seulement son meilleur ami. Les amis jouent ensemble, se lancent des défis et se chamaillent pour savoir qui est le leader! La mère est le leader et montre la voie à suivre...

À quel endroit votre chien dort-il?

Un chien qui dort dans un endroit qui lui donne l'opportunité de voir tout le monde entrer et sortir de la maison démontre son leadership en 'contrôlant' les autres membres du groupe. Un chien qui dort dans le lit peut démontrer son rang privilégié au sein du groupe. Ces deux attitudes peuvent créer plusieurs conflits de leadership et il ne serait pas surprenant de voir le chien lancer un défi au propriétaire pour obtenir le leadership final (grognement, morsure, urine sur le lit)!

Le chien dort dans votre lit. D'accord, s'il ne grogne jamais après un humain ou un autre animal s'approche du lit! D'accord, s'il n'urine jamais sur le lit.

Pour éviter que votre chien use de leadership dans ces situations, son lit devrait être dans un endroit éloigné des portes d'entrée. N'importe quelle pièce de la maison peut faire l'affaire en autant que le chien ne puisse agir comme 'contrôleur'.


À quel endroit et quand votre chien mange-t-il?

Les leaders (humains) mangent toujours avant les individus subordonnés (chiens). Votre chien devrait toujours être éloigné de la table pendant vos repas. Il devrait manger après vous... quand vous faites la vaisselle par exemple. Il devrait avoir sa place à lui pour manger et ne pas être déranger.

À quel endroit, quand et comment donnez-vous de l'affection à votre chien?

Vous aimez votre chien, vous le cajolez et lui donnez de l'affection ce qui est un comportement tout à fait naturel chez l'humain! Peut-être est-ce inapproprié pour votre chien? Était-ce le bon timing? Avez-vous récompensé un mauvais comportement sans le savoir? Lui avez-vous offert de l'attention parce qu'il l'avait demandé?

Dans notre société moderne, rien n'est gratuit. Toutes les récompenses doivent être gagnées. Le chien doit faire quelque chose avant de recevoir une caresse! Demandez-lui de s'asseoir... ensuite caressez-le. Vous devez être le leader, pas votre chien.

Qui contrôle les jeux?

Le leader est celui qui devrait toujours contrôler les jeux et les gagner. Lorsque le leader décide d'arrêter le jeu... le chien doit le respecter.


L'intonation de voix que vous utilisez est très importante!

Lorsque votre chien fait un comportement indésirable, vous devriez utiliser une voix plus grave que lorsque vous le féliciter. Un 'Bon chien' doit être joyeux et amical. À l'opposé, un 'Méchant chien' devrait être prononcé avec une voix de grincheux.

Pour résumer...

Avant de donner de l'affection à votre chien, vous devez lui offrir un leadership structuré. Le leadership est obtenu par l'éducation, le jeu et l'exercice. Dans une meute de canidés sauvages, le leader demande aux membres de respecter les règles et ensuite il leur démontre de l'affection.
Les humains sont des 'mammifères' passionnés qui ont besoin d'affection pour bien se développer et limiter leur stress. Les chiens sont des canidés qui ont besoin de structure établie par le leadership afin de bien se développer et limiter leur stress.

L'humanisation du chien est le premier pas vers l'apparition de problèmes comportementaux. Soyez averti de ne pas prendre cette voie. Un chien peut être le meilleur compagnon mais il a besoin de structure.

Si vous n'êtes pas d'accord avec ce que j'ai expliqué; si vous croyez que ce concept ne devrait pas être employé avec votre Eurasier; je vous répondrai seulement que malheureusement vous humanisez votre compagnon. Toutes les méthodes expliquées ici sont utilisées par les meilleurs spécialistes du comportement à travers le monde.

L'Eurasier fut créé comme compagnon familial. La philosophie allemande est de partager notre vie quotidienne avec nos Eurasiers et de ne pas les confiner en chenil. Cela ne veut absolument pas dire que l'Eurasier doit être éduqué d'une façon complètement différente des autres races! L'éducation est la science du gentle dog qui partage notre vie familiale.

Pour obtenir du succès en éducation canine, tous les propriétaires doivent devenir le meilleur ami et la mère de leur Eurasier. Un leader calme, en qui on peut avoir confiance fait le meilleur ami et la meilleure maman. Un leader établi des règles et les fait respecter. Un manque de leadership ouvre la porte aux comportements indésirables.


“Mère Nature est bien structurée et on ne devrait jamais travailler contre elle...”

Auteur : Johanne Parent
Copyright ECSEL Productions 2007
L'utilisation de ce texte (en tout ou en partie) est interdite sans l'approbation écrite de son auteure. Vous pouvez contactez l'auteure par email ecselpro@gmail.com

Johanne Parent est éducateur canin depuis 1987, comportementaliste et éleveur sous l'affixe Eurasia reg'd.

# Posté le vendredi 22 juin 2007 14:18

Modifié le dimanche 02 août 2009 12:47

La propreté chez le chien

La propreté chez le chien
Dr Joel Dehasse
Médecin vétérinaire comportementaliste


La propreté chez le chien

# Posté le vendredi 16 janvier 2009 06:19

Modifié le dimanche 02 août 2009 12:47

Pourquoi mon chien ne revient pas quand je l'apelle ?

Pourquoi mon chien ne revient pas quand je l'apelle ?
Votre chien ne revient pas quand vous l'appelez, quelles sont ces motivations qui le font vous ignorer ?

Par : Laurence Bruder Sergent

Il y a essentiellement deux possibilités à examiner : la manière dont le rappel est effectué et le mode de relation selon lequel maitre et chien fonctionnent.

Si la demande de retour au maître arrive au mauvais moment, par exemple à peine après avoir libéré le chien de sa laisse, il n'aura pas envie de s'y conformer. Et pour cause : il a tout juste commencé sa récréation, et l'on interrompt trop vite son temps de détente. Avouons qu'il y a de quoi être frustré ! Commençons par choisir le lieu où on va le lâcher afin de ne pas risquer de devoir le récupérer immédiatement car un danger se profile. Ensuite, choisissons le bon moment pour le détacher en vérifiant qu'aucune distraction ne vienne parasiter l'intérêt que l'on représente pour lui. En effet, si une stimulation l'attire loin de nous, il va falloir beaucoup de motivation pour lui donner envie de renoncer à cette curiosité et revenir à nos côtés.
Autre cause d'échec : le rappel est présenté d'une mauvaise manière, lorsque, notamment, les propriétaires utilisent une voix dure et autoritaire, qui donne plutôt au chien l'envie de fuir que de revenir. Essayons de l'inviter amicalement à nous rejoindre et n'oublions pas de le féliciter dès qu'il entame un mouvement dans notre direction. Sinon comment le chien pourrait-il avoir envie de nous rejoindre si la fois précédente il a été « accueilli » par la colère ou l'agacement de son maître ? Dans ce cas précis, il faut tout recommencer au début, apprendre au chien que même s'il met du temps à revenir, il sera récompensé. Lorsqu'il a mémorisé cela, on pourra travailler sur son temps de retour en l'incitant à se dépêcher grâce à une récompense plus motivante selon sa réactivité. Mais d'abord, il s'agit de retrouver sa confiance.

Dans le dernier cas, le chien ne consent pas à se laisser gérer par son propriétaire parce qu'à la maison, c'est lui le décideur. Par exemple s'il obtient instantanément satisfaction à ses demandes, pourquoi accepterait-il d'être subordonné l'extérieur ? C'est impossible. Il faut donc commencer par s'assurer qu'au domicile, ce n'est pas lui qui dirige ses propriétaires car si cela est le cas, il n'acceptera pas d'obéir à des individus qui n'ont aucun ordre à lui donner par ailleurs.

# Posté le vendredi 09 janvier 2009 16:43

Modifié le dimanche 02 août 2009 12:50

Les animaux éprouvent ils des émotions ?

Les animaux éprouvent ils des émotions ?
Les animaux éprouvent ils des émotions ?

Les émotions de votre animal
Par Florence Cailliot-d'Ivernois, éthologue


La recherche scientifique dans le comportement animal (l'éthologie) ne prétend pas connaître tous les tenants et aboutissants des émotions animales. Mais différentes expériences et recherches très sérieuses nous permettent de mieux cerner le monde de leurs émotions, qui est très différent de celui de l'homme, ce qu'il peut être difficile d'admettre parfois.

L'aimer, c'est l'accepter pour ce qu'il est


Lorsque l'on partage sa vie avec un animal, on tisse bien souvent des liens très forts de type amicaux, filiaux, familiaux. Il est devient donc presque impossible de rester objectif quant il s'agit de dire ce qu'il pense ou ce qu'il ressent. Comment ne pas attribuer des sentiments humains à notre compagnon de vie, notre « enfant », notre « ami » qu'est ce chien ou ce chat.

L'utilité des émotions


Les émotions ont un rôle capital à jouer dans la vie des êtres vivants. Chez les animaux, les émotions ont pour but de permettre la survie et de s'adapter. Derrière chaque émotion ressentie par un animal, il y a un sens immédiat, une utilité objective. La peur par exemple permet de fuir le danger ou toute situation dangereuse qui ne serait pas bénéfique pour la survie. Ce qui différencie d'ailleurs l'animal de l'homme est entre autre la capacité de l'humain à ressentir des émotions qui ne lui sont d'aucune utilité : la haine par exemple. Ces émotions viennent de l'ego, de l'amour propre que n'ont pas les animaux (si, si, c'est pourtant vrai jusqu'à preuve du contraire...). Ainsi, la jalousie, la susceptibilité, l'avidité, l'esprit de vengeance, la rancune, la compassion, la pitié, la mesquinerie, la déception, la manipulation...sont autant de sentiments proprement humaines.



Aimer son animal, c'est donc accepter qu'il ne ressente pas toutes ces émotions humaines.

Mais alors quelles émotions l'animal est-il capable de ressentir ?

Les éthologues sont tous d'accord pour considérer que les grands mammifères (grands singes, chats, chiens, chevaux, dauphins, éléphants etc...) ressentent la joie ou le bonheur, la colère, la peur et la frustration (ainsi que les émotions secondaires qui en découlent). D'autres émotions font l'objet de recherches, et il n'est pas impossible de croire que nos animaux peuvent ressentir de la tristesse par exemple. L'attachement à un individu est également un phénomène reconnu chez les animaux.

La colère, l'agressivité


La colère est un état violent qui résulte du sentiment d'avoir été agressé, offensé. On ne peut pas offenser ou vexer un animal (sentiment typiquement humain), mais il peut se sentir agressé, notamment quand ses besoins vitaux sont menacés : son territoire, son partenaire sexuel, sa nourriture, son sommeil, son être d'attachement, sa vie. C'est pour cela que chez lui, la colère se traduira par de l'agressivité. C'est sa survie qui est en jeu !

La rancune, la vengeance


Une fois que l'agression est terminé, l'animal n'y pense plus. Pas de rancune chez l'animal ! Lorsque votre chien détruit tout en notre absence, on pense généralement que c'est parce qu'il nous en veut de l'avoir laissé seul et qu'il se venge. Que né ni ! C'et bien souvent la peur et l'inquiétude d'être seul alors qu'il n'y est pas habitué qui déclenche cela. Ce n'est pas une vengeance organisée !

La méchanceté


La méchanceté n'est pas une émotion animale (les humains ont ce triste privilège), et un animal ne fait jamais rien envers un individu sans raison valable. Il ne deviendra agressif par exemple que si sa survie est en jeu. Il arrive que notre cheval morde quelqu'un sans raison apparente. Mais ce n'est parce que nous ne comprenons pas sur le coup pourquoi il a fait ça que nous pouvons pour autant en déduire que c'était un acte gratuit ! Il y a toujours une raison valable.

La gentillesse, la solidarité.


Même chose pour la gentillesse : elle n'existe à priori pas chez les animaux. Ce qui ne veut pas dire que les animaux ne font rien pour leur congénères ou leur propriétaires. Au contraire, souvent, les animaux sont solidaires entre eux, mais c'est parce que la survie du groupe ou de la famille (et donc leur propre survie) en dépend. Il n'est pas question de gentillesse...« Tous pour un, un pour tous » est la clé de survie de nombreuses espèces animales sociales (qui ne peuvent pas survivre sans le groupe).



Par exemple, les éléphants sont réputés pour leur solidarité. Si on attaque un de leur congénère, toute la troupe peut se mettre à charger pour défendre celui qui est en danger.

Autre exemple : votre chat vient vous voir quand vous êtes triste. Vous pensez qu'il le fait par gentillesse à votre égard. Pourtant, il le fait surtout pour renforcer vos liens. Il faut toujours garder à l'esprit qu'il y gagne quelque chose pour sa survie ! Plus il est affectueux avec vous, plus vous voudrez le gardez auprès de vous, le nourrir et le protéger !

Il reste un doute en ce qui concerne les chimpanzés et certains grands singes. Il semblerait qu'ils soient capables vrai actes de gentillesse, sans rien en gagner en retour...cela reste à creuser.

La peur, l'anxiété


La peur, nous l'avons vu, est une émotion clé qui permet directement à l'animal de survivre. Si son utilité immédiate est indéniable en cas de danger (elle déclenche la fuite), elle peut cependant devenir « pathologique ». En effet, si ce fait peur est là en permanence et que l'animal ne peut y échapper, alors l'émotion s'installe pour devenir névrotique et pathologique : c'est l'anxiété. Cette émotion n'est pas fréquente dans la nature, car bien souvent l'animal a la possibilité de s'enfuir et de se mettre à l'abri. C'est un phénomène qui est malheureusement directement lié à ses nouvelles conditions de vie : dans nos maisons et appartements, sans possibilité de fuir, ce qui est angoissant.



Un animal qui a eu très peur peut faire ses besoins sur place, rester tétanisé, faire un état de choc ou même une crise cardiaque ! Cela est fréquent chez les rongeurs en cage (hamsters, souris, cochon dindes). Plus l'animal est petit, plus le c½ur bas vite !

La joie, le bonheur


Quand un chien vous accueille à votre retour et qu'il bat de la queue et se jette sur vous, ou bien lorsque votre chat ronronne en recevant vos caresses, on ne peut douter qu'il ressent de la joie. Mais quelle est l'utilité de cette émotion ? C'est très simple : ce qui agréable et procure du bien-être est bon pour la survie, car cela ne représente pas un danger. Ce qui représente un mal-être en revanche peut enclaver le bon fonctionnement de la survie, et est donc évité.

Un bémol cependant : il arrive que l'on prenne pour du bien-être ce qui n'en est pas du tout.

Le sourire chez le chimpanzé indique sa colère, et non pas qu'il est content ! Il vaut mieux dans ce cas baisser les yeux et éviter son regard, l'agression n'est pas loin !



Autre confusion : un cheval est mis dans un espace clos et on lui fait faire des exercices avec le fouet. Directement après l'exercice, il vient se coller à nous. Mais ce n'est pas parce que cela lui a plu. Cela l'a beaucoup angoissé, et son premier réflexe est de se rapprocher d'un individu pour être rassuré. Il est alors très loin d'être heureux !

La frustration, la tristesse


La frustration est une émotion directement liée à la subsistance. L'animal a des besoins (manger, dormir, se reproduire, se dépenser, garder sa place au sein du groupe...). Quand on l'empêche de les assouvir, sa santé physique et mentale risque d'être affectée, et cela déclenche de la frustration.

C'est une émotion très forte, qui peut entraîner des réactions violentes ou/et surprenantes. Bien des enfants se font mordre par des chiens après leur avoir mis sous le nez un gâteau sans leur en avoir donné !



Lorsque la frustration est trop forte, cela peut parfois déclencher des comportements physiques involontaires et non-maîtrisés de l'animal : destruction du mobilier, auto-mutilation, mictions. Le corps réagit pour permettre à cette émotion de se décharger.

L'excitation, l'énervement


Ces deux émotions sont bien souvent liées au ressenti physique de l'animal. Lorsqu'on embête un animal au moment de ses activités naturelles, cela peut provoquer un chez lui un énervement, dans le sens « agacement » : on le chatouille quand il dort, on touche sa gamelle, on le caresse alors qu'il ne le veut pas.

Il peut par aussi être « énervé » dans le sens « excitation» parce qu'il n'a pas eu d'activité de la journée et qu'il a besoin de dépenser cette énergie inutilisée.

Lorsque l'excitation devient trop forte, elle peut déclencher, comme la frustration, des réactions physiques incontrôlables. C'est souvent des petits pipis !

La jalousie


Point épineux qu'est la jalousie ! Il est difficile d'admettre que notre animal puisse ne pas ressentir de jalousie envers un autre congénère ou un autre individu.

Parfois cela y ressemble tellement...mais à y bien regarder, on constate bien souvent qu'il s'agit d'autres émotions, et non de jalousie.

Un couple vient par exemple d'avoir un enfant, et le chat de la famille s'en trouve très affecté : il mange moins, joue peu, semble « triste » et aurait tendance à agresser le bébé. La première chose que l'on peut penser est donc : « il doit être jaloux du bébé parce qu'on ne s'occupe plus de lui comme avant ». Il est indéniable que le chat peut ressentir de la frustration ou un mal-être de ne plus être aussi proche de son propriétaire favori (souvent la femme), mais ça n'est pas pour autant qu'il jalouse l'enfant. S'il agresse le bébé, cela peut être surtout parce qu'il en a peur ou qu'il se sent anxieux de sa présence. Alors il se peut aussi qu'il décharge son émotion en urinant sur un objet du bébé : ainsi, il dépose une odeur à lui sur un objet imprégné d'une odeur inquiétante, celle de l'enfant. Le bébé peut aussi l'agacer et l'exciter dans le mauvais sens du terme (cris trop perçants, se faire tirer les poils, être dérangé pendant le sommeil), ce qui à long terme peut déboucher sur de l'anxiété.



La nécessité de comprendre


Il est parfois très frustrant et agaçant de ne pas comprendre ce qui se passe dans la tête de notre animal. Voilà pourquoi bien souvent on se contente de leur prêter nos propres émotions. Cependant ça n'est pas sans conséquences sur la relation que nous avons avec eux.

En effet, si je considère que mon animal se venge ou « fait exprès » telle ou telle chose, alors doit aussi comprendre pourquoi je me mets en colère et pourquoi je le punis. En réalité, ce n'est pas toujours le cas. Alors s'il recommence à faire ce qui est interdit, je vais finir par croire que mon animal ne n'aime pas...



L'anthropomorphisme est parfois l'une des seules causes de perturbations des relations entre l'homme et son animal. Le rôle d'un comportementaliste est d'ailleurs avant tout d'aider les propriétaires à comprendre les émotions et intentions de l'animal pour éviter les quiproquos. Car le perdant est en général l'animal. Il ne fait pas ce que l'on attend de lui parce que nous avons surestimé ses capacités et mal interprété ses émotions...et les problèmes de communication s'enchaînent.

Pour conclure, sachons que la science n'arrête pas de faire des découvertes, et bientôt peut-être découvrirons-nous de nouvelles capacités émotionnelles à nos chers amis et qu'enfin nous pourrons parler d'Amour chez l'anim

# Posté le vendredi 09 janvier 2009 10:44

Modifié le dimanche 02 août 2009 12:49

Les idées reçues

Les idées reçues

# Posté le dimanche 09 novembre 2008 13:30

Modifié le dimanche 02 août 2009 12:50