Comment agir avec un chiot très craintif dans la rue ?

Comment agir avec un chiot
très craintif dans la rue ?

Par Danièle Mirat, comportementaliste
www.communicanis.com


L'idée fausse : "Si un chiot est très craintif dans la rue, il faut le forcer à aller partout"


La réalité : Forcer un chiot à affronter ce qui l'inquiète ne favorise pas sa confiance en ses maîtres et le monde qui l'entoure. S'il n'a connu jusqu'ici que son enclos à la campagne, essayez d'imaginer son effroi en arrivant sur un trottoir de la ville !


Il va bien sûr falloir l'habituer à toute situation nouvelle et qui le stress, mais cela doit se faire à son rythme pour qu'il trouve en lui-même les ressources d'affronter les objets de ses peurs.

Très progressivement on fera découvrir au chiot des rues nouvelles, mais en commençant toujours par les plus calmes aux heures moins fréquentées et tonitruantes. Au fur et à mesure de moins de méfiance du petit animal, on peut l'exercer à d'autres lieux plus animés, mais sans forcer ni brûler les étapes car on ferait plus mal que bien, au risque de le voir perdre le peu de confiance gagnée les jours précédents.

Le marché le samedi et la gare aux heures de pointe ne sont pas à envisager avant d'avoir un chien bien paisible dans les rues.
# Posté le dimanche 12 août 2007 04:45

Le chien qui lèche après avoir mordu

Le chien qui lèche après avoir mordu :
Stop aux confusions !

Par Michel Quertainmont et Danièle Mirat comportementalistes

A retenir

1- En cas de morsure même légère, les léchouilles ne sont pas une demande de pardon. C'est un code social canin qui a comme objectif de réduire les tensions et mettre fin au conflit. Mal le comprendre amène à mal gérer la situation.

2- Nos bisous, embrassades et câlins ne sont pas perçus de cette manière par le chien, qui peut y voir une contrainte ou une menace. Ces gestes mal compris qui contraignent ou dérangent, installent parfois petit à petit chez l'animal, inquiétude et méfiance : et donc une réactivité exacerbée.


En léchant, le chien exprime son rang social

En léchant un congénère ou un humain, un chien exprime son état émotionnel, son rang social et ses intentions. Dire que ce comportement est amical est juste, mais bien trop réducteur au risque de se méprendre sur le message qu'il peut parfois transmettre.

Heureusement sans trop de gravité, Saxo a mordu Xavier qui en est encore choqué et perplexe quand il explique :

«Je n'ai rien compris, tout s'est passé très vite. Saxo m'a mordu au bras, et sitôt après il s'est mis à me faire des léchouilles -comme pour s'excuser-. D'abord en colère d'avoir été mordu, je me suis un peu radouci quand Saxo s'est mis à me lécher. Spontanément j'ai alors voulu caresser mon chien, et là comble de tout, il m'a remordu une 2è fois ! »

Xavier a fait fausse route en interprétant comme une repentance, les léchouilles de Saxo juste après sa morsure. En voulant y répondre par une caresse en tendant la main vers son chien, c'est au tour de celui-ci d'être surpris, de ne pas comprendre un tel comportement et de remordre à nouveau.

La méconnaissance des codes sociaux canins et l'anthropomorphisme vont induire ces réactions malheureuses en cascade. Ça n'est qu'après étude des circonstances de l'incident et examen du type de relation qu'il entretient avec Saxo, que Xavier voit apparaître une réalité canine lui faisant mieux comprendre son compagnon.


Assigner une place au chien

Plutôt permissif au quotidien avec son chien, le jeune homme n'avait jusqu'ici jamais jugé bon de lui assigner une place précise de repos, le laissant à son aise utiliser canapé, lit ou fauteuil, trop content de profiter de sa chaude présence.

Ce soir là, quand Xavier a voulu se faire une place sur son canapé près de son chien, Saxo dérangé s'en est indigné, et s'est mis à gronder (comme parfois paraît-il !) Indigné à son tour, Xavier insiste... et c'est là que Saxo pas décidé à céder la place qu'il occupe, lance un rappel à l'ordre (selon ses codes sociaux canins) avec une morsure brève autant qu'inattendue, qui fait reculer son maître.

Suite au retrait ébahi de Xavier, Saxo s'est alors mis à lui lécher le bras qu'il venait de mordre, pour l'apaiser comme il l'aurait fait sur un congénère qui se serait soumis devant sa démonstration d'autorité physique.

Si Xavier n'avait pas interprété les léchouilles de son animal comme une -demande de pardon- mais bien au contraire comme le message d'apaisement d'un canidé dominant à son dominé qui se soumet, il ne se serait pas permis d'insister davantage, avec une caresse sur la tête de surcroît.

Saxo a vécu cette flatterie comme une insistance de son maître. C'était pour lui un message contradictoire et donc suspect, auquel il a réagit par un 2è rappel à l'ordre (une morsure de plus !)

Selon les codes régissant les conduites entre canidés, pour Saxo à qui il était offert d'occuper librement cet espace (cela signifiant donc privilège de la dominance canine) il n'était pas acceptable de se faire déplacer par Xavier. Menacer pour l'en empêcher et mordre son maître parce que celui-ci insiste au lieu de céder devant les menaces, s'explique donc légitimement. Ensuite, derrière ses léchouilles, et toujours selon les codes sociaux canins, si Saxo avait reçu l'attitude basse et soumise de Xavier, il n'aurait pas « dû » le rappeler à l'ordre une 2è fois en le remordant.

La responsabilité de Xavier est grande puisque c'est sa mauvaise organisation des rapports avec son animal, qui porte celui-ci à des conduites agressives aussi incomprises qu'inacceptables.

En l'occurrence, il n'était pas tant question que Saxo n'occupe pas fauteuils et canapé, mais de lui faire intégrer qu'il n'est pas de son droit d'en disposer librement, ce qui fait toute la différence dans l'organisation de la relation.
Ailleurs que dans cette idée de pardon, les léchouilles sont aussi souvent interprétées comme des marques d'affection, bisous, câlins, etc. En toute logique les réponses qui sont alors données au chien sont affectives elles aussi, et pour un échange harmonieux semble-t-il. Ce qui est parfois le cas mais pas toujours, car en réponse aux léchouilles, une embrassade peut être perçue par le chien comme une tentative de contrainte sur lui, un bisou peut surprendre ou être vécu comme une menace !

Ex : le maître de Woba, qui s'est vu sanctionné par une morsure à la lèvre, en voulant répondre aux sollicitations de son compagnon, par un bisou sur l'encolure.

Mal gérées, les séances de brossage comme que les séquences de jeux proposées au chien peuvent rapidement devenir aussi le terrain favori des situations morsure/léchage. Là encore, le maître se persuade qu'il s'agit d'une réaction distraite ou d'un mauvais contrôle accidentel suivi de la culpabilité de son animal. Mais la situation évolue et le chien en vient à avoir ces mêmes comportements dans d'autres circonstances.
Le soutien du comportementaliste pour l'aide à la réorganisation des rapports avec le chien, s'avère alors indispensable.


Erreurs à ne pas commettre

Tenter de sanctionner le faux « repenti », comme essayer de le rassurer, maintient le malentendu et peut avoir comme effet de générer la crainte anxieuse de l'animal et d'envenimer la situation de conflit.

Méconnaître les conduites sociales canines en général, comme se fier aux idées reçues sur un comportement quel qu'il soit, qui ne peut jamais être isolé de son contexte si l'on veut s'expliquer ce qu'il peut « caninement vouloir dire », risque d'exposer à de fâcheuses surprises.

# Posté le dimanche 12 août 2007 04:43

La solitude

Apprendre au chiot à rester seul
à la maison sans stress

Par Danièle Mirat, comportementaliste
www.communicanis.com

"Pour qu'un chiot sache rester seul sans stress, il faut l'ignorer au départ et au retour à la maison"

C'est capital en effet de mettre en place cette banalisation des arrivées et départs de la maison (au retour, on reste neutre devant les « fêtes » du chiot et ensuite on lui dit bonjour dès qu'il est calmé... c'est dur, mais c'est une habitude pour son bien).

Cela ne suffit pas pour autant à initier la tranquillité de certains chiots en l'absence de leurs maîtres. Qui dit solitude sans transition, alors qu'il n'a connu que la rassurante proximité de sa mère, sa fratrie (et ses éleveurs dans le meilleur des cas d'élevage familial) dit à coup sûr : détresse du chiot (avec vocalises et mâchouillements divers de son environnement).

En conséquence, ne pas laisser le chiot seul dès le lundi matin quand on est allé le chercher à son élevage le samedi, est déjà l'élémentaire précaution à prendre pour initier sa confiance en ses maîtres et son nouveau lieu de vie.

Une bonne semaine pour lui faire prendre quelques nouveaux repères, me paraît un strict minimum.

Dans la journée de temps en temps, on peut déjà laisser le chiot dormir un peu seul dans une pièce, quand on est dans une autre et surtout ne pas répondre à ses chouinements.

Progressivement, il va s'habituer à n'être pas que « collé » et constater qu'il ne se trouve pas « englouti » dans cette solitude. Ménager de courts moments de jeux (courts pour ne pas engendrer l'excitation) et interactions dont on est toujours initiateur (et pas le chiot !) pose les bases d'une relation rassurante avec les nouveaux maîtres.

L'objectif à atteindre (un chien paisible quand il est seul) passe par ne pas être constamment en interaction et « collage » avec l'animal quand on est présent... ce qui est souvent l'inverse de ce que pratiquent les gens qui s'absentent de nombreuses heures pour leur travail !


# Posté le dimanche 12 août 2007 04:41

La propreté chez le chiot

La propreté chez le chiot

Par Danièle Mirat, comportementaliste
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"Si le chiot fait ses besoins à la maison, il faut mettre lui mettre le nez dedans..."

Ben voyons !!
Mettre le nez d'un chiot dans ses pipis et cacas (ce qui pour lui n'est pas répugnant donc pas dissuasif !) ne lui apprendra pas un autre comportement (celui attendu, étant de savoir se retenir pour aller se soulager dehors plus tard)

En ne procédant pas vraiment méthodiquement pour l'acquisition de la propreté d'un chiot, mais au contraire en allant successivement de conseils en recettes (bonnes pour certains profils de chiots mais pas pour d'autres), tout cela sans constance ni cohérence, alors on risque d'échouer dans ce premier et difficile apprentissage à lui faire faire ses besoins... surtout si l'on ne cherche qu'à être répressif, plutôt que persuasif ou à la rigueur dissuasif .
Attention de plus au risque de coprophagie chez certains chiots, qui chercheraient ainsi par peur, à dissimuler leurs propres selles.

A 15 mois notre chien est encore malpropre

"Il est pourtant sorti 4 à 5 fois par jour (en notre absence il urine sur les meubles, les murs, des fois il fait même ses gros besoins dans l'entrée)
On m'a dit qu'il n'y avait plus rien à faire à son âge !"



C'est faux d'abord parce qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre quelque chose à son chien. Ensuite, parce qu'en l'occurrence les éliminations ne sont pas des « vidages » mais des « marquages », donc sans rapport avec la fréquence des sorties et l'apprentissage de la propreté (les sorties ne devant pas être diminuées pour autant !)
Ces marquages (pipis ou mêmes selles bien moulées) des mâles comme des femelles, sont une des formes de communication entre canidés. Ce comportement du répertoire social canin que le chien emploie donc naturellement, est produit de la même manière avec valeur de message pour le groupe familial dont il fait partie, qu'il y ait ou pas, un ou plusieurs chiens avec lui à la maison. Il faut y lire une forme de malaise dans la relation pour l'animal, qui ne sait pas clairement trouver sa place dans l'ordre social du groupe d'humain(s) et chien(s). Un comportementaliste pourra aider à démêler l'écheveau des incompréhensions mutuelles dans cette cohabitation, pour réorganiser globalement les relations.


# Posté le samedi 11 août 2007 12:45

Faut il user de brutalité pour éduquer son chien ?

Faut-il user de brutalité
pour éduquer son chien ?

Par Danièle Mirat, comportementaliste
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Ce que l'on conseille le plus souvent :

Initier le « assis » en écrasant le dos du chien
La marche en laisse au pied, avec les fameux et vigoureux « coups de sonnette » donnés tous les 3 pas
Le « pas sauter ! » à inculquer avec des coups de genoux dans le poitrail
Le « pas toucher ! » avec des coups de laisse sur le museau...

Et je passe sur les colliers anti-aboiements employés sans discernement, les boîtes de transport qui servent à enfermer le chien des journées entières (+ les nuits pourquoi pas !)...

STOP ! Ce ne sont pas tous ces sévices qui apprennent au chien les « bons » comportements !

S'y prendre le plus tôt est bien sûr le mieux pour que ne s'installent pas de mauvaises habitudes que l'on voudra ensuite réprimées.

Dès l'adoption d'un chiot, il est si simple (uniquement en l'ignorant et en esquivant s'il le faut) de ne pas encourager ses sauts sur soi quand il « fait la fête ». C'est tout un modèle pour aborder les humains qui se met en place pour le petit animal, qui ira ensuite à l'approche de tout le monde sur ses 4 pattes. S'il s'agite trop, on reste neutre et il s'apaisera plus vite.

En balade, si l'on ne commence pas par le tirer en laisse pour le diriger (mais qu'on le stimule de la voix pour l'inciter à nous suivre) on peut simplement s'immobiliser quand lui-même tire, et repartir dès qu'il cède.
Quant à ses aboiements, rien ne sert de hurler pour couvrir sa voix, mais l'attirer vers soi le détournera positivement de l'objet de son inquiétude.

Bref, être calme et persuasif (parfois dissuasif si nécessaire) plutôt que répressif, permet au chiot (et au chien plus tard) d'apprendre ce que l'on attend de lui, ce qui est bien plus éducatif et plaisant pour tout le monde.

# Posté le samedi 11 août 2007 12:42